| Retour au sommaire |

Moines Pervers Production présente

Saint Sylvestre de l'an de Grâce mil neuf cent quatre vingt seize

Par le Frère Samy

Mois de Février de l'an mil neuf cent nonante sept

Les événements que je me propose de vous conter ce soir sont bien réels. Ils se sont déroulés à Cerniébaud, un petit village dans le canton de Nozeroy, dans le comté du Jura alors appartenant au pays de France. Cette histoire s'est passée entre le vingtuitième jour du mois de Décembre de l'an mil neuf cent nonante six et le troisième jour du mois de janvier de l'an mil neuf cent nonante sept, au plein coeur de la saison glaciale de cette contrée polaire.

Le rendez-vous avait été pris pendant l'année de festoyer pour ces fêtes païennes, alors que les moines et chevaliers prêchaient et guerroyaient dans leurs fiefs du pays de France, de la Lotharingie Orientale au Royaume des Normands en passant par la cité de Lutèce, et même au-delà. Nous nous retrouvâmes dans cette abbaye où jadis le savoir était enseigné aux jeunes pages du village. Tous n'arrivèrent pas ensembles car les voyages étaient différents pour chacun. Tous et toutes parvinrent fourbus mais emplis de joie et de bonheur. Le premier soir, les premiers arrivants s'installèrent et commencèrent à festoyer.

Au deuxième jours, nos nobles chevaliers et hédonistes moines explorèrent le canton et découvrirent quelques étendues d'eau gelées et pentes enneigées. Le soir encore la gigue et la bourrée furent joyeusement interprètées par nos peccables compagnons.

C 'est au troisième jour qu'eut lieu l'épreuve, à la quelle participait l'ensemble de la confrérie et de leurs hôtes. La quête du Bachique Graal se déroula durant toute la journée par les monts et vallées avoisinantes qu'avaient recouvert une immaculée mais agnostique neige. La tâche de nos épicuristes explorateurs était rendue hardue par un froid ténébreux. Per fas et nefas, une équipe ramena la divine récompense. Et encore une fois on festoya toute la nuit durant, par un tournoi de savoir et d'antiennes, puis par les farandoles et autres ballets devenus rituels.

On vit, le quatrième jour, nos amis se disperser en plusieurs pléiades. Certains firent une longue et pénitentielle randonnée à ski. D'autres préférèrent une promenade spirituelle le long des vertigineuses abîmes de ces contrées hostiles.

Chanoine Samy méditant et déambulant le long des mystiques dévers.

Enfin arriva la grande cérémonie religieusement préparée des mois durant. Tous les Moines Pervers, Chevaliers Lubriques, Nonnes, novices et damoiselles se parèrent de leurs habits de cérémonie. Le Malin lui-même c'était déplacé avec ses démons, vifs ou déjà trépassés. Le Tout Puissant, lui tenait fièrement tête avec ses dévots, Cupidon et autres angelots. Et La MORT venue en personne, semblait s'amuser de ce divin spectacle et arbitrait la cérémonie de son sourire cynique et fatal...

Furent pratiqués le quatrième jour des siestes métaphysiques et autres repos religieux afin d'apaiser les âmes d'une veille spirituellement éprouvante pour toute la Confrérie. Certains déambulèrent les uns derrière les autres selon un rite qui se perd dans la nuit des temps pour purifier leur transcendance. On passa la soirée à des oeuvres culturelles mais néanmoins ludiques : Le répertoire classique du théâtre philistin contemporain, une pièce écrite par Soeur Carlotta dont la verve était particulièrement inspirée ce jour-là. Les acteurs se donnèrent corps et âmes à l'accomplissement de leur devoir allégorique, si bien qu'il soulevèrent l'enthousiasme des spectateurs et de la critique. On en retiendrat le célèbre vers de Virgile (Géorique, III, 284) : "Fugit irreparabile tempus, Statius." Ou "Le temps passe trop vite, Steven!".

Nos valeureux compagnons décidèrent le cinquième jour de célébrer leur Saint des Saints. Ils érigèrent avec lyrisme et allégresse un monument à sa gloire. Le soir venu, ils s'adonnèrent aux joies du cinématographe en exaltant les mérites de la cervoise et des clavettes de coton pour la gent féminine.

Icône de la Sainte Virilité, représentation eudémoniste de l'Etre Suprême.

L e matin du sixième jour sonna le grand départ. Les Fidèles Missionnaires ordonnèrent leur abbaye, attelèrent leurs berlines et échangèrent maintes rituelles accolades. Ils se promirent de se retrouver dès que leurs obligations monacales et seigneuriales le leur permettraient. Le convoi quitta avec tristesse le village et s'engouffra dans les brûmes mélancoliques sur les chemins funestes où de malfaisants bandits oeuvraient. Après quelques derniers signaux lumineux zt sonores, la caravanes se sépara et chaque moine, chaque chevalier regagna son domaine.

Neuvième jour du mois de Février.

Frère Samy, Chanoine au Chapître de La Wantzenau Confrérie des Moines Pervers

Vous êtes le 101 ème visiteurs
URL du dernier visiteur : luxproxyb.europarl.eu.int
Dernière modification : Friday, 14-Mar-1997 01:07:46 PST
Ces données ont été figées le 18 février 2000, lors du regroupement de cette page avec les autres sites des Moines Pervers sur free.fr.